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« CHASSER LE HITLER QUI SOMMEILLE EN NOUS… »

E.KUBLER-ROSS dans « Mourir est une question vitale »,
Albin Michel éditions
                   

D’abord il convient de distinguer le « petit Hitler » synonyme de petite négativité de la grande négativité (HITLER) terreau de tous les fascismes (rouge/brun/vert/au nom d’ALLAH…) destructeurs voire autodestructeurs (suicides, maladies délétères…)

Devenir agressif, critiquer, juger n’est pas une réelle « peste émotionnelle »(W.REICH) quand cela ne se cristallise pas en habitude ou art de mal vivre…KUBLER-ROSS affirmant que « la colère ne doit pas dépasser 15 secondes… »

Colères, jugements (temporaires), critiques sont naturels en tout individu sain de corps et d’esprit, estimant l’Autre à l’aune de ses ressentis, de ses réflexions, de ses expériences, de sa vision du « réel »…Seulement, convient-il alors de dépasser, par exemple, ladite critique, parfois abrupte, expéditive, acerbe par des analyses affinées, fouillées, « généalogisées » lesquelles pourront, à leur tour, être réfutées ultérieurement …En gros, j’estime avoir raison jusqu’à preuve du contraire…

Prenons deux exemples notoires : l’opinion sur les trafics de drogue vitupérant les délinquants en omettant le « malaise dans la civilisation » des consommateurs impliqués ou la focale mise sur les terroristes islamistes évacuant l’implication (laisser-faire , minimisation) de tous les pouvoirs politiques tant locaux que nationaux…les vrais responsables ne sont pas toujours ceux que l’actualité désigne comme coupables, à tout le moins ne sont-ils pas les seuls…

Le problème c’est quand tout s’enkyste et devient soit une raison de vivre …soit de mourir : le délinquant dealer est inconscient quant au mal qu’il génère et que, potentiellement, il s’inflige (sa vie en jeu) ; le politique laisse faire au nom de son idéologie aveugle et putative…Au point même que les « résistants » (nécessaires) à tout cela peuvent devenir eux-mêmes prisonniers de leur combat : comment vivraient-ils si leurs ennemis n’existaient pas…il leur faudrait s’en inventer d’autres…BHL , grand défenseur médiatique des traumatisés des guerres du Tiers Monde …et d’ailleurs itou, serait-il capable de prendre chez lui un seul d’entre eux et de pourvoir à sa subsistance ?…Car, s’il s’agit de montrer des miséreux point besoin de se donner en spectacle au bout du monde en chemise blanche, sacoche Vuitton et chaussures Méphisto…au coin de la rue , tout près de chez soi certains vivent un enfer…la bonne conscience est parfois mère de bien des égarements…

Alors que faire ? Car, cependant, il convient d’agir « sans faire de mal ni se faire du mal » comme le suggère un vieux précepte, d’inspiration chrétienne, plus que jamais d’actualité. Participer à la diffusion d’une information aussi objective que possible, diluant les peurs irraisonnées, et soutenir tous ceux qui, par l’exemple, sont enclins à vivre autrement « sans idéologie ou baratin » (Coluche chanson des Restos du Cœur)…précisément pour s’empêcher de redevenir des petits ou grands Hitler en puissance…

Individuellement, les enkystements émotionnels, porteurs de négativité délétère, s’effaceront si l’on parvient à évacuer les non-dits, les non-ressentis en un mot la cohorte des divers refoulements que notre égo privilégie pensant ainsi nous protéger. Être soi-même (être vrai dans le jargon post-moderne) n’a rien à voir avec être forcément gentil, compassionnel, compréhensif ; cela passe par pouvoir exprimer sa colère sans verser dans le colérique, ressentir la tristesse sans devenir d’esprit chagrin ou déprimé, voir être joyeux sans basculer dans l’hystérie ou l’euphorie incontrôlable…

Ce n’est point « le petit ou le grand Hitler en nous » qu’on se doit d’éradiquer mais bien s’opposer à son émergence en promouvant notre juste émotion, au bon moment, dans les proportions idoines à la situation…Ainsi, ressentis et raison pourront faire bon ménage et route ensembles. Les idéologues ne peuvent être des hommes honnêtes, au sens noble du terme , car avec eux le débat ne peut que « s’hystériser » comme l’on dit de nos jours, comme avec tous ceux voulant avoir raison à tout prix…plutôt entreprendre toute chose, action ou pensée, avec justesse et « amour » (encore une des judicieuses remarques de KUBLER-ROSS) signifiant, en toutes circonstances, égal respect de soi comme d’autrui ; ainsi ne pourra-t-on que chercher la vérité et non l’imposer.

Et puis, entre Hitler et mère Teresa, efforçons nous d’être des hommes honnêtes ou plutôt d’authentiques humains…

On entend souvent dire, en bons vieux chrétiens humanistes que nous sommes, qu’il faut savoir pardonner…Comment pardonner à Hitler ou à ceux/celles qui ont massacré une ou des vies, jeune(s) parfois ? … On entend même, parfois, certains parents de victimes énoncer un incompréhensible « vous n’aurez pas ma haine » voire ne manifester aucune colère…Comment en être arrivé(e) à ne pouvoir ressentir ni haine ni colère à l’encontre de quelqu’un qui a massacré un proche ? Il ne saurait y avoir que deux explications majeures : une idéologie « martyriste » additionnée de notre confort consumériste a-tragique anesthésiant une réaction naturelle en pareil cas…ou, statistiquement improbable, l’atteinte d’une sagesse de l’âme résistante à toute épreuve !!!…

Dans la plupart des cas, le pardon ne pourra voir le jour que si, et seulement si, toute la place a pu être faite à la manifestation naturelle de la haine et de la colère…L’accompagnement individuel, thérapeutique ou pas, ainsi que celui, sociétal en matière de justice, seront un préalable à l’évocation d’une forme possible de pardon.

Une fois colère et haine apaisées peut venir le temps de la « compréhension » de la folie de l’Autre…à ne pas confondre avec une quelconque excuse. Simplement, comprendre par exemple la généalogie du parcours mortifère de l’Autre ; alors, et alors seulement pourra-t-on envisager, si l’Autre exprime le souhait de s’excuser, de s’amender, de se corriger de lui accorder ou pas le pardon.

À la fin de ce parcours parallèle, le « coupable » pourra, peut-être, songer à se pardonner à lui-même toute la souffrance qu’il a occasionnée (y compris celle qu’il s’est infligé à lui-même, ce qui signifierait une entrée dans une culpabilité naturelle salvatrice) et à la victime d’en faire de même, par exemple sur son manque de vigilance, notamment s’agissant d’enfants, ou pour sa naïveté, son angélisme, sa foi aveugle en la bonté d’une inhumanité inconcevable…

Le pardon en soi ne saurait être un viatique simple pour solutionner ou cautionner l’intolérable. 

                   

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